
3/31/2026


L'inflation en zone euro a grimpé à **2,5 % en mars **en glissement annuel, contre 1,9 % en février, selon l'estimation rapide d'Eurostat. Le chiffre est légèrement inférieur aux attentes des économistes, qui tablaient sur 2,6 %, mais il constitue un signe clair que les consommateurs ressentent désormais le choc pétrolier dans leur portefeuille.
L'inflation dépasse l'objectif de 2 % de la Banque centrale européenne pour la première fois depuis plusieurs mois. Les prix augmentent à leur rythme le plus rapide depuis janvier 2025.
Bien que l'inflation en zone euro reste bien en deçà du pic pandémique de 2022, la* tendance* est à la hausse, et les pressions sur les prix échappent au contrôle immédiat de l'Europe.

Les prix de l'énergie dans la zone euro ont augmenté de **4,9 % en mars **par rapport à l'année précédente, représentant l'essentiel de la hausse de l'inflation.
Les prix du pétrole ont flambé depuis que la guerre en Iran a perturbé l'offre mondiale, le baril de Brent se négociant désormais autour de 60 % au-dessus de son niveau d'avant-guerre. L'Europe importe la majeure partie de son énergie, et la hausse des prix du pétrole peut se répercuter sur les transports, le chauffage et les factures d'électricité.
L'inflation tirée par l'énergie peut s'estomper rapidement si les prix du pétrole baissent, mais elle peut aussi se propager à d'autres prix si la crise persiste et que les entreprises commencent à répercuter la hausse des coûts sur les consommateurs.

La bonne nouvelle est que l'inflation sous-jacente, qui exclut les prix volatils de l'alimentation et de l'énergie, a* reculé* à 2,3 % en glissement annuel en mars contre 2,4 % en février.
Il semble que le choc pétrolier reste pour l'instant cantonné aux marchés de l'énergie. L'inflation des services, la composante la plus importante du panier de prix de la zone euro, a ralenti à 3,2 % contre 3,4 %.
Mais la guerre au Moyen-Orient n'affecte pas seulement le prix du pétrole et du gaz. Le détroit d'Ormuz est une route cruciale pour de nombreux engrais importants et d'autres produits chimiques. Plus la guerre se prolonge, plus il est probable que les pressions sur les prix s'intensifient dans l'ensemble de l'économie.
Selon la théorie économique classique, les banques centrales ne devraient pas se précipiter pour modifier les taux d'intérêt en réponse à des chocs d'offre temporaires. Relever les taux ne créerait pas davantage de pétrole, et la politique des banques centrales agit avec de longs délais.
Mais la BCE, comme d'autres grandes banques centrales, porte des cicatrices récentes. Lors de la reprise post-Covid‑19, elle avait initialement considéré l'inflation comme temporaire. Les pressions sur les prix se sont avérées persistantes, se propageant de l'énergie et des biens vers les salaires et les services. Certains critiques estiment que les banquiers centraux sont intervenus trop tard, laissant l'inflation progresser sans contrôle.
Cette expérience compte aujourd'hui. Les décideurs politiques craignent qu'attendre trop longtemps puisse permettre à l'inflation tirée par l'énergie de s'ancrer durablement à nouveau.
Les marchés financiers anticipent jusqu'à trois hausses de taux de la BCE cette année, le débat portant sur la question de savoir si le premier mouvement interviendra en avril ou en juin.
Le contexte est très différent de celui de 2022. Les taux d'intérêt sont déjà plus élevés, la politique budgétaire est plus restrictive et les marchés du travail se refroidissent. Les banques centrales, y compris la BCE, étaient sur la voie de baisses de taux avant la guerre.
Pour l'instant, l'inflation semble tirée par l'énergie. Le choix de la BCE dépendra de la conviction des décideurs quant à savoir si la hausse des prix de l'énergie reste contenue ou se propage aux salaires et aux prix du quotidien dans l'ensemble de la zone euro.
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