Les États-Unis en bref

1/9/2026

Les États-Unis en bref

Un taux de chômage stable, mais les travailleurs ressentent la pression

Les données de décembre racontent l'histoire d'un marché du travail qui semble stable en surface mais qui subit davantage de pression en profondeur. Le taux de chômage s'est amélioré à 4,4 %, même après que les révisions saisonnières ont relevé les chiffres antérieurs, et les emplois salariés ont augmenté modestement de 50 000 postes. Sur le papier, ce n'est pas un marché faible. Mais lorsqu'on le compare au sous-emploi, au chômage de longue durée, aux salaires et au sentiment, on voit une économie qui semble beaucoup plus difficile pour les ménages que ne le suggèrent les chiffres globaux.

Les États-Unis en bref

Taux de chômage officiel vs. réalité vécue

D'après l'enquête auprès des ménages :

  • Taux de chômage : 4,4 %
  • Nombre de chômeurs : 7,5 millions

Les révisions des données passées signifient que ce chiffre de 4,4 % représente désormais une nette amélioration par rapport à la trajectoire du taux de chômage plus tôt en 2025. Par âge et par sexe, le chômage des hommes et des femmes adultes s'établit à 3,9 %, et à 15,7 % pour les adolescents, avec peu de changement sur le mois.

Mais plusieurs indicateurs de "qualité du marché du travail" évoluent dans une direction plus préoccupante :

  • Chômeurs de longue durée (27 semaines et plus) : 1,9 million, stable en décembre mais en hausse de 397 000 sur l'année, représentant désormais 26 % de l'ensemble des chômeurs
  • Employés à temps partiel pour raisons économiques : 5,3 millions, peu de changement sur le mois mais en hausse de 980 000 sur l'année
  • Personnes hors de la population active souhaitant un emploi : 6,2 millions, stable en décembre mais en hausse de 684 000 sur l'année

Le taux d'activité (62,4 %) et le ratio emploi-population (59,7 %) n'ont pratiquement pas bougé de toute l'année.

Des gains lents, une dynamique concentrée

Du côté de l'enquête auprès des établissements :

  • Emplois salariés non agricoles : +50 000 en décembre
  • Total des créations d'emplois en 2025 : +584 000 (environ 49 000 par mois) contre 2,0 millions en 2024 (168 000 par mois)

Les gains sont concentrés et familiers :

  • Services de restauration et débits de boissons : +27 000
  • Soins de santé : +21 000 (dont +16 000 dans les hôpitaux)
  • Aide sociale : +17 000, tirée par les services aux individus et aux familles

Ces secteurs témoignent d'une demande soutenue pour les services et les soins, et non d'une vague d'embauches généralisée.

Le commerce de détail a perdu 25 000 emplois, avec des baisses dans les clubs-entrepôts/hypermarchés et les détaillants alimentaires et de boissons, partiellement compensées par des gains dans les magasins d'électronique et d'électroménager. L'emploi dans l'administration fédérale est resté stable sur le mois mais en baisse de 277 000 (9,2 %) depuis janvier, les expansions précédentes s'inversant.

Les révisions ont ajouté une note négative :

  • Les emplois salariés d'octobre révisés de –105 000 à –173 000
  • Novembre révisé de +64 000 à +56 000

Au total, cela représente 76 000 emplois de moins qu'initialement annoncé, renforçant le sentiment que l'élan s'essouffle depuis un certain temps déjà.

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Salaires vs. anticipations d'inflation

Les salaires continuent d'augmenter, mais pas suffisamment pour que les travailleurs se sentent sereins quant à leurs finances :

  • Salaire horaire moyen (SHM, tous employés) :- +0,3 % en décembre

    • +3,8 % sur l'année écoulée
  • SHM pour les employés de production et non-cadres :- Pratiquement inchangé à 31,76 $ (+3 cents)

  • Durée hebdomadaire moyenne du travail :- En baisse à 34,2 heures (–0,1 heure), avec le secteur manufacturier à 39,9 heures et les heures supplémentaires stables à 2,9 heures

Ainsi, les ménages constatent une solide croissance des salaires sur le papier, mais deux éléments atténuent ce confort :

  1. Une partie de cette croissance des revenus est compensée par des heures de travail réduites, ce qui diminue discrètement le montant total des salaires.
  2. Les anticipations d'inflation restent suffisamment élevées pour que le pouvoir d'achat réel semble toujours sous pression.

Les dernières données sur le sentiment des consommateurs le soulignent :

  • Le sentiment a augmenté pour le deuxième mois consécutif et atteint désormais son niveau le plus élevé depuis septembre 2025.
  • L'amélioration provient des consommateurs à faibles revenus, tandis que le sentiment a baissé parmi les ménages à revenus élevés.
  • Malgré tout, le sentiment global reste près de 25 % en dessous du niveau de janvier dernier.

Un marché du travail sous pression silencieuse

En rassemblant tous ces éléments, le récit n'est ni "tout va bien" ni "tout s'effondre". C'est plus nuancé :

  • Le taux de chômage officiel s'améliore, et les licenciements ne s'envolent pas.
  • Mais les créations d'emplois sont modestes, les mois récents ont été révisés à la baisse, et davantage de travailleurs sont coincés dans le sous-emploi ou le chômage de longue durée.
  • Les salaires augmentent, mais pas tout à fait assez pour dépasser le ressenti des gens concernant les prix et la sécurité de l'emploi.
  • Le sentiment s'est éloigné des points bas, en particulier pour les ménages à faibles revenus, mais reste nettement plus faible qu'il y a un an.

C'est un marché du travail sous pression silencieuse : toujours fonctionnel, créant toujours des emplois, mais offrant une réalité quotidienne qui semble tendue pour de nombreux ménages. Pour les décideurs politiques, cette combinaison complique le calcul — d'un côté, il n'y a pas d'effondrement manifeste pour forcer une action immédiate ; de l'autre, rien n'indique que les travailleurs ont le sentiment d'être revenus dans une situation véritablement confortable.

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