
11/26/2025

L'Office for Budget Responsibility (OBR) — l'organisme indépendant de surveillance budgétaire du Royaume-Uni — prévoit une marge de manœuvre budgétaire, c'est-à-dire le montant des dépenses supplémentaires ou des réductions d'impôts possibles tout en respectant les règles budgétaires, de près de 22 milliards de livres sterling sur quatre ans, soit plus du double des estimations antérieures de cette année.
Mais les perspectives de croissance ont été revues à la baisse : le PIB britannique devrait progresser de 1,5 % par an en moyenne au cours des cinq prochaines années, un rythme plus lent que prévu précédemment.
Incident budgétaire : L'OBR a accidentellement publié son rapport 40 minutes avant le discours budgétaire de la Chancelière de l'Échiquier en raison d'une "erreur technique", révélant de nombreux détails du budget en avance.
Le gel équivaut à une hausse d'impôts déguisée
Le gel des seuils d'imposition sur le revenu jusqu'en 2031 est un moyen détourné de lever des milliards, car il fait basculer davantage de contribuables dans des tranches supérieures à mesure que les salaires augmentent. Le ratio impôts/PIB du Royaume-Uni atteindra 38,3 %, le niveau le plus élevé depuis la Seconde Guerre mondiale, mais toujours inférieur à celui de nombreux pays européens.
La Chancelière aurait envisagé de briser un tabou vieux de 50 ans en relevant directement le taux de base, mais elle a rapidement fait marche arrière. À la place, elle a prolongé le gel et légèrement augmenté les taux sur les dividendes, l'immobilier et les revenus de l'épargne.
Cette décision illustre comment les gouvernements augmentent souvent leurs recettes par des ajustements techniques plutôt que par des hausses affichées.
Les propriétaires de biens immobiliers d'une valeur supérieure à 2 millions de livres sterling font désormais face à une facture fiscale supplémentaire de 2 500 à 7 500 £. Les bailleurs seront davantage imposés sur leurs revenus locatifs.
Le gouvernement travailliste a également décidé de réduire les avantages liés aux retraites, les dispositifs de sacrifice salarial étant touchés à hauteur de 5 milliards de livres sterling.
Ces mesures illustrent comment les responsables politiques peuvent modifier la fortune des plus aisés grâce à des impôts sur les actifs et remodeler les marchés immobiliers ou de l'épargne d'un trait de plume.

La réaction des marchés le jour du budget a été prudemment optimiste, le doublement de la marge de manœuvre budgétaire offrant un certain réconfort.
Reeves a reçu le soutien d'un grand nom, Jamie Dimon, PDG de JPMorgan, émettant un commentaire rare sur un budget national, déclarant que l'accent mis par la Chancelière sur la stimulation de la croissance est le seul moyen de "tirer tout le monde vers le haut". Quelques heures plus tard, la banque annonçait un investissement de plusieurs milliards de livres à Londres.
La réaction du marché a été un soulagement pour le Trésor après les mouvements inquiétants du marché obligataire plus tôt ce mois-ci.
La présentation annuelle du budget est l'un des jours les plus importants de la vie politique britannique. La ministre des Finances — connue sous le nom de Chancelière de l'Échiquier — expose dans un discours au Parlement ses plans en matière de fiscalité, de dépenses et de pilotage de l'économie.
Avant cela, elle pose devant le 11 Downing Street (voisin du plus célèbre numéro 10, la résidence du Premier ministre) en tenant la mallette rouge du budget. Ce n'est pas qu'un symbole : cette mallette doublée de plomb contient son discours, perpétuant une tradition qui remonte aux années 1860.
C'est à la fois du théâtre et de la politique. Les annonces surprises connues sous le nom de "lapins sortis du chapeau", les débats parlementaires enflammés et le cirque médiatique font tous partie du spectacle.
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