Surveillance des taux

12/18/2025

Surveillance des taux

La BoE réduit ses taux tandis que la BCE maintient le statu quo

Le super-jeudi des banques centrales a livré un résultat contrasté, avec la Banque d'Angleterre qui a abaissé ses taux et la Banque centrale européenne qui a maintenu le statu quo.

Les deux décisions étaient conformes aux prévisions des économistes, mais la BoE a une nouvelle fois offert un suspense haletant, avec seulement 5 membres sur 9 du Comité de politique monétaire votant en faveur de la baisse. La réunion précédente était tout aussi divisée, sauf que cette fois-là, la Banque avait décidé de maintenir les taux inchangés.

Le contraste entre les deux banques centrales reflète deux contextes économiques différents plutôt que des visions politiques opposées.

Surveillance des taux

La zone euro dépasse les attentes

La BCE a maintenu son taux directeur principal inchangé à 2%, révisant à la hausse ses prévisions de croissance et d'inflation. La plupart des économistes s'attendent désormais à ce que les taux restent en pause pendant les deux prochaines années, en l'absence de chocs majeurs dans la zone euro.

Les données récentes ont dépassé les attentes, les exportateurs européens s'adaptant aux droits de douane américains mieux que prévu et la consommation intérieure compensant la faiblesse du secteur manufacturier. L'inflation oscille autour de l'objectif de 2% de la BCE et devrait s'y maintenir.

Interrogée sur les prochaines étapes de la banque, la présidente de la BCE Christine Lagarde a déclaré qu'il y a tellement d'incertitude qu'elle ne peut pas offrir de forward guidance — un élément clé pour les investisseurs afin de déterminer l'orientation de la politique monétaire.

Surveillance des taux

L'inflation au Royaume-Uni inférieure aux attentes

La Banque d'Angleterre a réduit ses taux à 3,75% contre 4%, le gouverneur Andrew Bailey ayant apporté le vote décisif.

Les dernières données sur les prix à la consommation ont été publiées un jour seulement avant la réunion de la BoE. L'inflation au Royaume-Uni a fortement chuté à 3,2% en novembre, en dessous des 3,5% attendus par les économistes et sous la projection de 3,4% de la BoE elle-même. Les économistes s'attendaient largement à une baisse avant même la publication des données, mais les chiffres ont renforcé les arguments en faveur d'un assouplissement.

Mais même à 3,2%, l'inflation reste supérieure à l'objectif de 2% de la BoE, les consommateurs britanniques ressentant les pressions sur les prix dans les supermarchés.

L'économie britannique sur une route cahoteuse

L'économie britannique n'a pas réussi à se redresser, malgré l'engagement du gouvernement actuel à se concentrer sur la croissance. Le produit intérieur brut (PIB) s'est contracté de 0,1% en octobre, en glissement mensuel. Le taux de chômage augmente progressivement et la croissance des salaires a ralenti.

Les derniers chiffres sont encore affectés par la cyberattaque contre Jaguar Land Rover, qui, selon certaines estimations, a coûté au Royaume-Uni environ 2 milliards de livres sterling. Elle est considérée comme la cyberattaque la plus coûteuse de l'histoire du Royaume-Uni, avec une production automobile de JLR réduite pendant des mois et plus de 5 000 entreprises britanniques impactées.

Le Royaume-Uni peine à se remettre sur les rails depuis la crise financière de 2008, avec une croissance durablement faible en retard par rapport aux États-Unis et à l'UE.

Pourquoi les décisions sur les taux sont importantes

Les banques centrales influencent les conditions financières principalement par le biais des taux d'intérêt. Lorsque les banques centrales relèvent ou abaissent les taux, ou même laissent entendre qu'elles pourraient les modifier, les effets se propagent rapidement dans l'économie.

  • Les coûts d'emprunt augmentent ou diminuent pour les prêts hypothécaires, les crédits et les prêts aux entreprises.
  • Les marchés s'ajustent instantanément à travers les rendements obligataires, les devises et les actions.
  • Les gouvernements font également face à des coûts d'emprunt plus élevés ou plus bas selon la réaction du marché obligataire.
  • Les consommateurs et les entreprises réagissent via les dépenses et l'investissement : des taux plus bas stimulent, des taux plus élevés refroidissent la demande.

L'inflation est pilotée par les taux : des taux plus élevés refroidissent la demande, des taux plus bas risquent de surchauffer l'économie et de faire monter les prix.

Envie d’en savoir plus ? Téléchargez notre appli gratuite pour accéder à des actualités d’experts et à des leçons interactives sur le monde financier.