Volatilité de guerre

3/10/2026

Volatilité de guerre

Les marchés oscillent au gré de la rhétorique de guerre

Les marchés mondiaux ont de nouveau zigzagué alors que les gros titres sur la guerre se heurtaient aux espoirs des investisseurs.

Quatre citations clés :

  • Les Gardiens de la Révolution iraniens ont juré qu'ils ne laisseraient pas "un seul litre de pétrole" quitter le Moyen-Orient si les attaques américaines et israéliennes se poursuivaient.
  • Le commandement militaire iranien : "Préparez-vous à un pétrole à 200 $ le baril."
  • Le président américain Donald Trump a averti l'Iran qu'il serait frappé "vingt fois plus fort" s'il bloquait les exportations.
  • Juste avant les menaces, le président avait décrit la guerre comme "très achevée, à peu près."

Les traders se sont d'abord emparés de cette allusion à une fin rapide, inversant la flambée pétrolière de lundi et faisant monter les actions dans le monde entier. Mais le rebond s'est essoufflé alors que les frappes se poursuivaient, et le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a averti que mardi serait la journée de combats la plus "intense".

Volatilité de guerre

Bilan de 10 jours de guerre

Au cours des 10 premiers jours de la guerre, les marchés ont oscillé entre **panique **et optimisme prudent.

Les actions mondiales ont d'abord fortement chuté, en particulier dans les secteurs du voyage, de la technologie et de la banque. Mais le choc initial s'est atténué. L'indice boursier américain S&P 500 n'a baissé que de 1% depuis le début de la guerre. Même certains des marchés les plus touchés, comme la Corée du Sud, fortement orientée vers la technologie et dépendante du pétrole du Golfe, rebondissent. Les rendements obligataires ont d'abord bondi sous l'effet des craintes inflationnistes, puis se sont détendus avec le retour des inquiétudes sur la croissance.

Le référence des prix du pétrole, le Brent, est passé d'environ 70 $ le baril à plus de 100 $, atteignant brièvement un pic de près de 120 $ lundi. Mardi, il est redescendu à environ 90 $ le baril.

Comment faire face au choc pétrolier

Les investisseurs s'accrochent à l'espoir d'une guerre courte et intègrent également dans les cours le recours aux réserves pétrolières d'urgence. L'Agence internationale de l'énergie a annoncé mercredi que ses 32 membres libéreraient un volume record de 400 millions de barils au cours des prochains mois.

Le géant pétrolier saoudien **Aramco **affirme pouvoir réacheminer environ 70% de ses exportations via la mer Rouge, mais avertit que le conflit pourrait avoir des "conséquences catastrophiques" s'il se prolonge. Plusieurs installations pétrolières ont été touchées par des missiles ou des attaques de drones, et les producteurs du Golfe réduisent leur production à mesure que les capacités de stockage se remplissent. Le redémarrage de la production suspendue prend du temps.

Un possible retour du pétrole russe

Le président américain Trump et le président russe Vladimir Poutine ont eu leur premier appel téléphonique de l'année, discutant des moyens de mettre fin au conflit iranien et de stabiliser les marchés de l'énergie.

Selon certaines informations, Washington envisagerait d'assouplir les sanctions internationales sur l'achat de pétrole russe. Les États-Unis ont déjà accordé à l'Inde une dérogation temporaire la semaine dernière. Le pétrole russe est actuellement soumis à des sanctions strictes en raison de l'invasion de l'Ukraine en 2022.

Cette mesure pourrait contribuer à plafonner les prix, mais compliquerait les efforts visant à limiter les revenus de guerre de Moscou.

Qui en profite et qui en pâtit

Les chocs pétroliers peuvent redistribuer le pouvoir économique entre les nations.

  • Russie : Gagne en pouvoir de fixation des prix et bénéficie d'un possible assouplissement des sanctions. Avant la guerre, elle était contrainte de vendre son brut avec de fortes décotes, principalement à la Chine.
  • Chine : En tant que grand importateur de pétrole du Golfe, les perturbations lui nuisent. La hausse des prix du Golfe la pousse vers davantage de pétrole russe à prix réduit, renforçant ce partenariat.
  • États-Unis : Bénéficient de leur statut de grand producteur, mais la hausse des coûts du carburant pèse sur les consommateurs et accroît la pression politique.
  • Exportateurs du Golfe : Les infrastructures endommagées et les routes bloquées limitent les gains qu'ils pourraient tirer de la hausse des prix.
  • Économies fortement importatrices : L'Europe, le Japon, l'Inde et de nombreux marchés émergents font face à des factures d'importation plus élevées et à des devises affaiblies.

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