Jour de l’emploi

3/6/2026

Jour de l’emploi

"Atterrissage en douceur"… avec quelques nids-de-poule

Le rapport sur l'emploi de février a livré un titre qui semble dramatique, les emplois non agricoles ont chuté de 92 000, mais les détails ressemblent davantage à un ralentisseur qu'à un accident. Le taux de chômage a légèrement augmenté à 4,4 % contre 4,3 %, les salaires ont continué de progresser, et l'essentiel des dégâts semble temporaire et concentré plutôt que le signe d'un effondrement généralisé des embauches.

Petit décryptage : le rapport sur l'emploi du vendredi combine deux enquêtes, l'enquête auprès des ménages (chômage, participation) et l'enquête auprès des établissements (emplois salariés, heures travaillées, revenus).

Jour de l’emploi

Emplois en baisse, salaires en hausse, heures stables

Voici l'aperçu synthétique :

  • Emplois non agricoles : -92 000 en février (après +126 000 en janvier), avec décembre + janvier révisés à la baisse de 69 000
  • Chômage : 4,4 %, en hausse par rapport à 4,3 % (7,6 millions de chômeurs)
  • Salaires : +0,15 $ (+0,4 %) à 37,32 $, en hausse de 3,8 % sur l'année
  • Heures : la semaine de travail est restée à 34,3 ; le secteur manufacturier a légèrement reculé à 40,1

Pourquoi les marchés s'y intéressent : les emplois non agricoles attirent l'attention, mais les salaires + les heures aident à répondre à la vraie question : "Le marché du travail est-il en train de ralentir ou de se fissurer ?" Le rapport sur l'emploi du vendredi regroupe tout cela en une seule publication.

Quelques gros freins ont causé les dégâts

Ce n'était pas un mois du type "tout le monde a arrêté d'embaucher", la faiblesse était concentrée :

  • Santé : -28 000, en grande partie lié à des mouvements de grève (les cabinets médicaux ont enregistré l'essentiel du recul ; les hôpitaux ont continué à recruter)
  • Information : -11 000, poursuivant une tendance baissière de plus long terme
  • Gouvernement fédéral : -10 000, toujours orienté à la baisse (et en recul de 330 000 depuis un pic en oct. 2024)

Parallèlement, l'aide sociale a progressé de +9 000, et la plupart des autres grands secteurs étaient globalement stables. En résumé : février ressemble à du bruit statistique + une normalisation, et non à un gel généralisé des embauches.

Pourquoi c'est important

Les "indicateurs de sentiment" étaient mitigés, et c'est ce qui rend ce rapport intéressant :

  • Chômeurs de longue durée : 1,9 million, en hausse par rapport à 1,5 million il y a un an (~25 % de l'ensemble des chômeurs)
  • Temps partiel subi : en baisse de 477 000 à 4,4 millions (un signal positif discret, avec moins de personnes contraintes à des horaires réduits)
  • Participation : 62,0 % (stable)

Ce qu'il faut retenir, c'est que les embauches semblent perdre de l'élan, mais les salaires continuent de progresser. C'est un territoire de fin de cycle, suffisamment solide pour éviter la panique, suffisamment faible pour maintenir le débat "que va faire la Fed ensuite ?" en vie.

À surveiller ensuite : Le secteur de la santé rebondira-t-il après la grève ? Les heures travaillées commenceront-elles à diminuer ? Le chômage de longue durée continuera-t-il d'augmenter ? Et les révisions continueront-elles de tirer les mois précédents vers le bas ?

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